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St Matthieu nous fait le récit d’un évènement qu’il a vécu et a profondément marqué les disciples. Il est vrai que lorsque le vent, venant de la Méditerranée, s’engouffre sur le tranquille lac de Galilée situé à -210 m au-dessous du niveau de la Mer, il a une force considérable et les vagues en sont étonnamment puissantes : je l’ai moi-même expérimenté un été où je venais de le traverser avec un groupe de jeunes. Mais quel enseignement veut donner l’évangéliste qui puisse faire grandir notre foi ? N’est-ce pas le but de la Parole de Dieu ?
Les termes qu’emploie St Matthieu ont tous une signification. Ainsi :
· Quelle “mer” s’acharnera contre une barque où se trouveront les Apôtres ? Et de quelle grande tempête (Mot à mot : “Grand séisme”) Matthieu parlera-t-il encore ?
· A quel moment Jésus “dormira-t-il” en plein séisme ?
· A quel moment “s‘éveillera-t-il” ?
· Quant la “mer” sera-t-elle dominée par une grande puissance ? Et par qui ?
· Quand les disciples seront-ils, de nouveau, remplis de peur ? Quand pourront-ils crier vers Lui : « Seigneur ! Sauve-nous ! » “Kyrie ! Sosonne !
· La tempête une fois apaisée, les disciples s’interrogent sur la nature de Jésus. Ils ne connaissent que sa nature humaine : quand leur sera-t-il révélé la totalité de la personne du Christ avec sa nature divine ?
Cette dernière question nous oriente tout naturellement vers la Résurrection de Jésus et nous pouvons relire ce récit comme un récit pascal.
· Lorsque Jésus meurt, la terre tremble (même mot : éséistè ;
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· Il s’endort dans la mort et se réveille d’entre les morts même mot pour désigner la résurrection “égeire” ;
· la mer , symbole des puissances de mort, s’acharne contre la barque des Apôtres qui sont terrorisés ; Jésus ressuscité se tient au milieu d’eux, dans la barque qu’est l’Eglise : Il a vaincu la mort, leur reproche leur peu de foi et les apaise. Ils découvrent alors sa vraie nature, comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».
Nos vies, nos familles, notre société, le monde actuel, mais aussi notre Eglise peuvent être assaillis par des “séismes” de tous genres. Si nous sommes dans la barque de l’Eglise, avec à bord son Seigneur, qui semble absent “dormant” mais qui continue depuis bientôt deux mille ans à être bien présent : l’Eglise n’a-t-elle pas traversé bien des tempêtes ? Jésus est là avec sa victoire et sa puissance sur la mort. « Les portes (symbole de puissances, “la sublime porte” à Istanbul) de l’enfer (en grec : “Hadès” domaine des morts, shéol des hébreux) ne seront pas plus fortes qu’elle ! » Promettra-t-il à Pierre : (Mt 16,18).
Ne soyons donc pas petits, nains de foi, «“minicroyants” “oligopistoï” (comme les oligoéléments, médicaments contenant des éléments à très petites doses) mais suivons Jésus comme les disciples qui mot à mot “se font acolytes”, mot liturgique, comme dans une procession, derrière sa croix, mais confiants de ce qu’Il ne nous laissera jamais nous perdre dans la tempête.
AMEN !
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